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Ça bien l'AIR que...

Ça bien l'AIR que...

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Depuis quelque temps, depuis, surtout, que le litre d'essence ordinaire se vend 1,51 $, je vous ai parlé de covoiturage, de ralenti moteur, de véhicules hybrides et de moyens pour restreindre votre consommation de carburant. Je vous ai vanté, également, les vertus de l'électricité appliquée à l'automobile. Ceux qui me connaissent vous diront qu'il s'agit d'une déformation professionnelle, puisque j'ai travaillé à Hydro-Québec durant 29 ans comme rédacteur spécialisé et conseiller en rédaction. C'est vrai. J'avoue bien humblement que j'ai un petit faible pour l'électricité, et que mes rapports avec cette source d'énergie, propre, on peut bien le dire, ont toujours été teintés d'une confiance aveugle.

La CityCATS en version camionnette à cabine double.

Mais, ce matin, l'espace de quelques heures, j'ai envie d'être délinquant un peu. Je vais vous parler de véhicules à air comprimé. Saviez-vous qu'il est possible de faire fonctionner un moteur à piston avec de l'air comprimé ? Eh oui ! Dans le sud de la France et en Espagne, on le commercialise déjà. Soyons logiques quelques instants ! On peut faire fonctionner un marteau piqueur grâce à l'air comprimé. Et que dire des camions lourds qui utilisent un système de freinage à air comprimé ? C'est le même principe : à l'intérieur de l'étrier, de l'air comprimé vient pousser sur le piston qui pousse sur les plaquettes de freins pour stopper le véhicule. Donc, l'air comprimé, ça fonctionne !

Le passé est souvent garant de l'avenir.
L'utilisation de l'air comprimé remonte à l'époque du développement des chemins de fer. Les premiers systèmes viables datent de 1840; à cette époque, la locomotive comportait un réservoir qu'on emplissait à certains endroits sur le réseau. On peut également penser à la locomotive à air comprimé Porter, construite en 1923, et aux tramways Mékarski utilisés à Paris de 1876 à 1879, et, par la suite, à Nantes, à Vichy, à Aix-les-Bains, à La Rochelle et à Saint-Quentin au début du 20e siècle. On a exploré l'utilisation de l'air comprimé appliquée à l'automobile, mais tout est tombé dans l'oubli en raison de l'exploitation du pétrole qui s'amorçait et faute de lobby pour en faire le développement et la commercialisation jusqu'au début des années 90 où un ingénieur en aéronautique et ingénieur en F1, Guy Nègre, s'y est vivement intéressé.

Moins polluant que l'électricité ?
Ça bien l'air que oui ! Dans un moteur à air comprimé, au lieu d'utiliser un carburant pour induire une explosion dans le cylindre et faire déplacer le piston, on utilise de l'air comprimé stocké dans des réservoirs placés sous le véhicule. Alors, que pensez-vous qu'on trouve à l'échappement ? De l'air. Et la beauté dans tout cela, c'est que cet air qui entre dans le cylindre avec des saletés, en ressort à l'échappement plus propre qu'il n'y est entré parce qu'il a été filtré dans le système. Donc, l'air est plus propre à l'échappement qu'à l'admission. C'est pas beau, ça ? Essayez seulement de vous rendre compte : cette voiture, commercialisée à grande échelle, contribuerait à dépolluer des milliards de mètres cubes d'air. De plus, la voiture à air comprimé ne présente pas le problème de recyclage des piles, ce qui, il faut bien le dire, reste, pour le moment, le talon d'Achille des véhicules électriques et hybrides.