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Essai du Buick Enclave 2020 : le mésadapté

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Avec quelque 275 modèles sur le marché, certains passent sous le radar, comme le dit l’expression. Clairement, l’Enclave appartient à cette catégorie et l’impression que j’avais à cet effet m’a été confirmé par un proche qui m’a déclaré, en apprenant que je l’avais à l’essai la semaine dernière : « Ah oui, ils (GM) le produisent encore ? »

Et oui, l’Enclave est toujours au catalogue Buick. Depuis 2008 en fait. Au fil de ces treize années, on a eu droit à des améliorations ici et là, y compris une nouvelle génération en 2017, mais la saveur est toujours la même. Lorsqu’un produit demeure pratiquement inchangé depuis 10 ans de nos jours, il appartient de facto à la catégorie des dinosaures.

Un sympathique dinosaure, cela dit, mais rappelons-nous que l’histoire ne leur a pas été tendre.

La question demeure toutefois ; à qui s’adresse un Buick Enclave ? Aux jeunes familles ? Aux inconditionnels de la marque ? Aux vieux ?

Tout cela ? Aucune de ces réponses ? Essayons de tirer ça au clair.

Photo : D.Rufiange

Pas juste pour les vieux
Il y a trois ans, Buick procédait à un rafraîchissement de l’Enclave, un événement auquel votre humble serviteur a participé. À l’occasion, j’en avais profité pour demander à un représentant de la marque à quel point leur virage « jeunesse » avait porté ses fruits. Il faut comprendre qu’en 2008, lors de la sortie de l’Enclave, la moyenne d’âge des acheteurs d’un produit aux boucliers était de 72 ans.

SOIXANTE-DOUZE !

Le type questionné (son nom m’échappe ; l’âge, vous savez…) m’avait alors confié qu’on avait réussi à retrancher 20 années à cette moyenne. C’est quand même pas mal. Ironiquement, l’année 2020 sera celle de mon 52e anniversaire. Vous comprendrez qu’il n’est pas question que j’utilise le mot vieux une fois.

De l’espace à revendre
L’Enclave s’adresse à tout le monde, donc, enfin presque. Mais pas à moi, jeunot que je suis.

Pourquoi ? D’abord, parce que je n’ai pas besoin de tout l’espace servi par ce véhicule. Quoique si un voyage de golf en Floride se présentait et que trois de mes amis se libéraient pour l’occasion, mes besoins seraient soudainement très différents. Les vôtres tombent peut-être dans les cordes de ce que propose ce VUS.

Photo : Buick

L’Enclave peut recevoir jusqu’à sept personnes, mais dans les faits, on trouve quatre places très confortables, marquées par la présence de sièges de type capitaine à la deuxième rangée. L’espace est roi tant à la hauteur des épaules que pour la tête ou les jambes. Quant à la troisième banquette, elle est là pour dépanner. En ce qui me concerne, je la vois très bien rabattue et écrasée par quatre sacs de golf. Avec les deux rangées de sièges couchés, le volume grimpe à 2764 litres. Rappelons que tout demeure une question de besoin et que l’Enclave peut répondre à ceux de plusieurs.

Quiétude
L’autre grande qualité de l’Enclave, c’est le niveau de quiétude qui règne à son bord. Le confort est roi, l’insonorisation est excellente et la douceur de roulement fait qu’on… s’emmerde à bord. Pour certains, ça correspond au véhicule parfait et à ce chapitre, le monstre de Buick marque des points.

Si vous aimez conduire un tant soit peu, vous allez trouver le temps plus long. Même si Buick a progressé à ce chapitre, on n’est pas encore chez BMW, Audi ou même Volvo, pour comparer un joueur qui s’adresse au même groupe d’âge.

À vrai dire, la conduite de l’Enclave est aussi sans reproche que sans émotion. À vous de choisir votre bataille.

Photo : D.Rufiange

Un vieux guerrier
Sous le capot, on retrouve le moteur à tout faire chez GM, soit le V6 de 3,6 litres qui nourrit quantité de véhicules de l’ex-géant mondial. Ce bloc est valeureux, mais demeure poussif. Sa puissance, annoncée à 310 chevaux (266 livres-pieds de couple) avec l’Enclave, suffit amplement pour les ambitions qu’on se donne au volant de cette chose.

Pour le remorquage, la capacité plafonne à 5000 livres avec l’ensemble de remorquage. Pour avoir eu l’occasion de faire l’essai chargé, disons que ça fait le travail, sans plus. Idéal pour ceux qui ont à déplacer leur jouet quelques fois par année seulement.

Là où cette mécanique a progressé depuis 10-15 ans, c’est au chapitre de la consommation. En 2008, je m’en étais tiré avec quelque chose entre 12,5 et 13,5 litres aux 100 kilomètres. Là, malgré quelques bouchons de circulation, ma semaine s’est soldée par une médiane de 10,2 litres aux 100 kilomètres. C’est fort acceptable compte tenu du poids de ce format géant.

Photo : Buick

Du luxe ?
La marque de luxe chez GM, c’est évidemment Cadillac. Conséquemment, Buick ne joue pas dans la même ligue, mais propose néanmoins un degré de raffinement intéressant. On le constate en découvrant la qualité des matériaux et en prenant connaissance des coloris offerts à bord. La présentation est riche. Dommage qu’on nous serve des cadrans aussi désuets et simplets au bloc d’instrument. Ceux de la Chevrolet Spark sont plus jolis ! Le conservatisme a ses limites.

Pour ce qui est du système multimédia, on ne parle pas du meilleur de l’industrie, mais certes pas du pire. Les menus sont faciles d’accès et les configurations souhaitées se font aisément.

Encore là, on se plaît à bord. Cependant, c’est lorsqu’on compare l’Enclave à la concurrence que le bât blesse.

Photo : Buick

En retard
L’Enclave peut être servi de trois façons, soit en version Essence (l’appellation Caractère apparaît aussi sur le site du constructeur), Premium ou Avenir. Dans les trois cas, lorsqu’on joue le jeu de la comparaison avec un modèle concurrent récent, on arrive à court.

Prenons un des petits derniers à avoir fait ses débuts dans ce créneau, le Kia Telluride. Pour moins, ce dernier en offre plus, tant en matière d’équipement, de sécurité ou de technologie. Un exemple ; la recharge sans fil pour appareils cellulaire est offerte avec la version de base à quelque 45 000 $. Pour en profiter avec l’Enclave, il faut y aller pour une déclinaison Avenir à près de 65 000 balles. Idem pour la navigation, livrée de série chez Kia, mais pas chez Buick. Le modèle de base de l’Enclave voit son prix de base dépasser les 53 000 $.

Lorsqu’on fait le tour de l’offre, les exemples du genre sont légion. L’Enclave offre tout, mais pour en profiter, il faut débourser plus.

J’ai toujours eu de la difficulté avec ce concept.

Photo : D.Rufiange

Conclusion
L’Enclave, pris seul, est loin d’être un mauvais produit. Même qu’en matière de luxe et de conduite, il se compare avantageusement à ses rivaux. Le hic, c’est que sa conception commence à sérieusement dater et ça le rattrape. Si son prix avait été ajusté à la baisse pour refléter cette réalité, ça pourrait passer. Or, c’est loin d’être le cas.

Conséquemment, il faut magasiner ailleurs, tant et aussi longtemps qu’on n’aura pas rafraîchi ce produit qui profite, au demeurant, d’excellentes bases.

On aime

Niveau de confort
Conduite rassurante
Beaucoup d’espace

On aime moins

La gamme de prix
Le caractère poussif du moteur
Dépréciation plus importante

La concurrence principale

Mazda CX-9
Ford Explorer
Dodge Durango
Honda Pilot
Hyundai Palisade
Kia Telluride
Kia Sorento
Nissan Pathfinder

Photo : D.Rufiange
Photo : D.Rufiange