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Honda furieuse contre le gouvernement McGuinty

Honda furieuse contre le gouvernement McGuinty

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« Il y a des gestes stupides, et des gestes très stupides. Celui proposé par l’Ontario fait partie de la deuxième catégorie». C’est en ces mots que le vice-président de Honda Canada, Jerry Chenkin, a commenté la décision du gouvernement de Dalton McGuinty en Ontario d’aller de l’avant avec un programme d’aide au financement des voitures électriques.

En fait, selon les dirigeants de Honda, non seulement s’agit-il d’ingérence malsaine de la part du gouvernement, mais aussi d’un évident conflit d’intérêt visant à appuyer surtout General Motors, dont le gouvernement ontarien est actionnaire.

« Nous n’avons tout simplement pas été avisés que le gouvernement proposerait cette démarche. Et le pire, c’est qu’ils l’ont fait directement dans une concession General Motors. Ils ne tiennent pas compte de la réalité de leur propre province», a fulminé monsieur Chenkin.

Rappelons en effet que les informations obtenues sur le programme ontarien précisent que les voitures hybrides actuellement sur le marché ne seront pas admissibles à l’aide financière. Seuls les véhicules hybrides électriques à branchement, ou les véhicules à batteries électriques, pourront recevoir une aide financière.

On définit aussi les voitures électriques comme étant celles qui seront capables de se mouvoir à vitesse d’autoroute, ce qui élimine les véhicules à basse vitesse de type Zenn ou Nemo.

« Il est clair que le programme est d’abord politique. Il est facile d’annoncer un tel programme rapidement, en sachant que pour le moment, aucune voiture ne correspond aux normes. Et la première qui y répondra sera, comme par hasard la Chevrolet Volt, qui appartient à General Motors. Disons que pour Honda, qui sera peut-être le plus gros constructeur canadien au cours de cette année en terme de volume, c’est un manque flagrant de reconnaissance, et nous avons pris rendez-vous avec monsieur McGuinty pour lui exposer notre point de vue», continue monsieur Chenkin.

Il faut aussi savoir que la technologie mise de l’avant par Honda pour ses voitures hybrides empêche l’utilisation d’un véhicule à branchement rechargeable. Il faudra donc attendre la venue d’un véritable modèle totalement électrique pour que Honda soit concerné.

« Nous ne voulons pas l’aide du gouvernement. Nous comprenions qu’il vienne en aide à GM et Chrysler, même si nous n’étions pas d’accord. Mais nous refusons que le gouvernement fasse une telle ingérence, et vienne nous dire quoi produire et comment le produire. C’est à nous de répondre aux attentes des consommateurs, et nous comptons bien y parvenir, mais nous n’avons pas besoin de la concurrence de nos gouvernements», a conclu le vice-président.

Ce n’est pas la première fois que Honda dénonce l’attitude du gouvernement dans ce domaine. Il en avait été de même dans le cadre du programme Eco Auto, alors que la limite avait été fixée à un dixième de litre de la consommation de la Honda Fit. Le constructeur avait dû se résoudre à défrayer lui-même le coût de la prime pour éviter de perdre trop de ventes.